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Vivre 60 jours sur Tévennec, le phare de l'Enfer

En octobre et novembre prochain, Marc Pointud, président de la société nationale pour le patrimoine des phares et balises, s'apprête à tout quitter pour vivre 60 jours sur l'îlot désertique et un peu hanté de Tévennec, isolé de tous, soumis aux vagues et à la houle, dans des conditions particulièrement précaires.

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Personne n'a donc séjourné dans ce phare depuis 105 ans, lieu que la légende dit hanté dans les parages de la baie des Trépassés.

Comment avez-vous eu l'idée d'aller vivre sur Tévennec, un phare allumé en 1874, qui a vu se succéder 22 gardiens avant d'être automatisé en 1910 ?

En 2011, l'association a reçu une autorisation d'occupation temporaire, délivrée par le service de l'État pour une période de 10 ans renouvelable, pour nous permettre de le restaurer. À terme nous souhaiterions en faire une résidence d'artiste, un peu particulière, car le phare de Tévennec est situé sur un tout petit îlot rocheux, en pleine mer, à quelques encablures de l'ile de Sein. On est isolé de tout.

A titre personnel, j'ai en tête de séjourner dans un phare, d'une façon un peu exceptionnelle et hors du commun. L'idée a mûri et lorsque nous avons reçu les clés de Tévénnec, j'ai pu me projeter dans cette idée. Nous avons appris à connaître les lieux, à les pratiquer et aujourd'hui je peux concrétiser cette idée.

Ce séjour sert à la fois à marquer, l'action faite par l'association à Tévennec sur le plan médiatique, mais c'est en même temps une démarche personnelle, de retraite sur soi-même. Ça se concrétisera par l'écriture d'un livre que je veux écrire depuis plusieurs années.

Pourquoi avoir choisi le phare de Tévennec ?

C'est un phare, avec celui de l'ArMen qui a une histoire très importante sur le plan du patrimoine maritime. On est sur un haut lieu du patrimoine des phares et balises. Le Phare de Tévennec est isolé en pleine mer, sur un petit rocher, sans fleurs ni herbes. Il n'y a rien d'autre que la maison phare et sa terrasse.

C’est ce que les anciens appelaient un Enfer. Les gardiens de phare avaient, entre eux, une hiérarchie de 3 domaines pour les phares. Elle n'était pas officielle, mais c'était une hiérarchie de service, d'habitude. Il y avait les Enfers, qui sont des phares en pleine mer comme ArMen, la Jument, Tévennec… Une fois que vous êtes dedans, vous êtes enfermé, vous ne pouvez pas en sortir, car il n'y a rien. Ce sont aussi des bâtiments soumis au gros temps avec des vagues qui les assaillent en permanence. Les deuxièmes sont les Purgatoires qui sont des phares situés sur une île un peu plus grande où l'on peut sortir, se promener, où il y a un peu d'herbes et un peu de fleurs et enfin les Paradis, qui sont des phares en terre où l'on peut séjourner avec sa famille et où l'on a une vie normale.

Tévennec et Armen, mais surtout Tévennec, avaient été classés dès le départ comme l'Enfer des Enfers.

Comment comptez-vous occuper vos journées ?

D'abord, j'y vais pour écrire un livre, à titre personnel et j'entends bien à ce qu'il soit fini quand je partirais de Tévennec. En plus, j'ai également des obligations de communication. Il est prévu qu'on communique beaucoup parce que c'est le but de l'opération. Je communiquerai avec les médias avec lesquels nous sommes en partenariat et aussi sur les réseaux sociaux…

Quel est le sujet de votre livre ? Les phares ?

Non, il y aura une partie consacrée à mon séjour à Tévennec et à mon expérience, sur ce que je peux y ressentir ou y vivre. Après il y a une grosse part de personnel. Au bout de plusieurs jours, isolé sur Tévennec, où il n'y a que soi et la mer, et que ça commence à peser son poids, en bien ou mauvais, je ne sais pas, forcément l'inspiration vient. C'est le challenge de toute retraite un peu extraordinaire, une retraite intérieure qui peut aboutir à des écrits.

Comment financez-vous cette opération ?

Pour faire cette opération à Tevennec, il faut un budget, qui correspond à l'organisation, à l'aménagement, l'essence pour les allers-retours en bateaux, etc. Au total, il nous faut 6 200 €, pour lesquels on fait une levée de fond participative sur le site mymajorcompany. Pour l'instant, on est à 2 200 € sur les 6 200 € et il nous reste un mois pour réunir la somme nécessaire. Et si l'on n'a pas l'intégralité de la somme, on n'a rien du tout. C'est donc très important pour nous que les gens participent à l'opération.

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